VARIA

 

La connaissance trouve son apogée dans la pratique.

Editorial du Sanathana Sarathi : novembre 2006

 

L’homme doit finalement fusionner avec Dieu. Tôt ou tard, il doit atteindre son but : réaliser Dieu. Accomplir ce voyage au fil de milliers de naissances ou en une seule ne dépend que de lui. Dans son premier discours public prononcé le jour de Vijaya dasami, le 10ème jour du festival de Dasara en 1953, Bhagavân Srî Sathya Sai Baba a catégoriquement déclaré :

Je voudrais vous dire que toutes les créatures doivent un jour ou l’autre atteindre Dieu ; que la route soit longue ou courte, il n’y a pas moyen d’y échapper.”

Le fait que l’Être suprême se soit incarné sur terre sous la forme de Bhagavân Baba avec pour tâche spécifique de racheter la vie de l’homme et de lui rendre la route de la Réalisation de Dieu aussi courte et facile que possible, est une opportunité des plus rares offerte à l’homme moderne. Si nous revenons en arrière sur Sa vie et Ses Enseignements, nous réaliserons que Bhagavân a décrit toutes les routes qui peuvent conduire l’homme au but de sa vie. Il a reconstruit la grand-route de bhakti, la dévotion, fournissant à tous les hommes des opportunités de racheter leur vie à travers nâmasmarana (la récitation du Nom de Dieu) et le chant des bhajans et des Vedas. Il a restauré la voie du service désintéressé au genre humain par Ses hôpitaux, Ses Instituts d’éducation, Ses projets d’eau potable et autres tâches humanitaires, en tant que modèles à suivre pour l’homme. De plus, dans Ses discours et Ses écrits, et dans un langage facilement compréhensible, Il a transmis la Connaissance transcendantale des Vedas et des Upanishads afin de montrer à l’homme la voie resplendissante de jnâna, la Connaissance, pour racheter sa vie.

Bhagavân a dit que les Vedas sont le souffle de Dieu. Ils contiennent les Vérités éternelles qui conduisent l’homme à la Réalisation spirituelle la plus élevée. Ils sont la source de toute connaissance et universellement applicables à tous les hommes sans distinction de religion, caste, race et nationalité. L’Être suprême est Lui-même la Source de cette Sagesse divine. Néanmoins, plusieurs générations de sages ont mis cette connaissance en pratique dans leur vie, ont atteint la Lumière et accepté sa véracité. Le Vedanta (la philosophie basée sur les Vedas) est par conséquent une science pratique. L’Être suprême, qui chuchota cette connaissance à l’oreille des rishis d’antan, est à présent sur terre sous forme humaine pour conférer directement cette connaissance à l’homme moderne en vue de sa Libération et de son Salut. Bhagavân a déclaré il y a longtemps que l’une des tâches principales de Sa mission divine sur terre est de promouvoir les Vedas (veda poshana). Dans tous Ses écrits, compilés à ce jour dans 16 Vâhinîs, et dans tous Ses discours contenus dans près de 40 volumes des Sathya Sai Speaks, Bhagavân a exposé la Sagesse suprême du Vedanta dans un langage et un style que l’homme moderne peut comprendre et mettre en pratique dans sa vie. Simplement chanter les mantras védiques et parcourir les textes sacrés ne suffit pas. Comme le dit Bhagavân : Vous pouvez maîtriser tous les commentaires, être à même d’argumenter et discuter ces textes avec de grands érudits, mais tout cela n’est que perte de temps si vous ne mettez pas en pratique ce qu’ils enseignent.”

Questionnant l’homme moderne dans Son style inimitable, Bhagavân a souligné cette vérité dans un de Ses poèmes telugu souvent cité :

“L’obscurité se dissipera-t-elle rien qu’en entendant parler d’une lampe ?

La faim d’un homme affamé sera-t-elle rassasiée rien qu’en entendant le nom de mets délicieux ?

La pauvreté de l’indigent sera-t-elle allégée rien qu’en entendant parler de la gloire de la richesse ?

La maladie d’une personne s’en ira-t-elle rien qu’en entendant parler de l’efficacité de la médecine ?

Est-il possible d’éradiquer l’obscurité épaisse de l’ignorance en lisant les Textes sacrés ?

Que résulte-t-il de l’acquisition d’une haute éducation que l’on ne met pas en pratique ? Un gros zéro !”

La connaissance n’est utile que si elle est mise en pratique. On peut connaître toutes les routes qui conduisent à la Réalisation de Dieu mais, à moins de les suivre, cette seule connaissance ne sert à rien. Ainsi que le dit Bhagavân : “A quoi sert de lire sans fin les discours si on ne met pas en pratique au moins un des enseignements qu’ils contiennent ?”

Swami Ramakrishna Paramahamsa avait l’habitude de dire : “Certains ont entendu parler du lait, certains l’ont vu, certains l’ont même touché, et certains l’ont bu et assimilé. De tous ceux-ci, seuls les derniers ont tiré avantage du lait, car eux seuls ont été nourris et réconfortés.” Les Vedas contiennent les Vérités éternelles qui illuminent la voie de l’aspirant spirituel. Ils ne sont pas destinés à l’étude, à la discussion, à l’argumentation et à l’élaboration intellectuelle, mais bien à être expérimentés.

Ils resplendissent mieux quand ils sont mis en pratique ; alors, avec amour ils aident l’homme à atteindre les plus hauts sommets spirituels. Ils n’enseignent pas seulement à l’homme le principe du Soi, mais ils lui montrent aussi les moyens pratiques de le réaliser. La connaissance doit être vécue. Elle trouve son apogée dans la pratique et l’expérience.

En cet âge de science et d’information technologique, l’accès à l’information est devenu très facile. On peut avoir accès aux plus grandes bibliothèques du monde sur son computer. La néfaste conséquence de ceci est que l’homme aujourd’hui est devenu un rassembleur d’informations. Il se surcharge de trop de connaissances théoriques. En fait, de nos jours, le système entier de l’éducation est orienté vers l’information. Il n’amène aucune transformation en l’homme et ne s’occupe pas de développer les Valeurs humaines en lui. De ce fait, il devient seulement un entrepôt de l’information.

Comme le dit Vivekananda : “L’accent devrait être mis sur l’assimilation des Valeurs et des idées plutôt que sur l’accumulation de l’information. Accentuant la nécessité de pratiquer, il dit : “Si vous avez assimilé cinq idées et les avez mises en pratique dans votre vie et dans votre caractère, vous avez plus d’éducation qu’un homme qui a retenu par cœur le contenu d’une bibliothèque…” Si on identifie l’éducation à l’information, alors les bibliothèques sont les plus grands sages et les encyclopédies sont les rishis (êtres évolués).

Au lieu de rendre l’homme humble, gentil, compatissant, véridique et d’esprit ouvert, l’éducation actuelle nourrit en l’homme les qualités démoniaques d’avidité, d’égoïsme,  d’ego et d’aspiration au pouvoir, à la position et à la richesse. Bhagavân donne l’exemple de Râvana qui avait maîtrisé les quatre Vedas et les six shâstras (six systèmes de philosophie). Dans Son message divin prononcé à l’occasion du festival de Krishna janmashtami en 2004, Bhagavân dit de Râvana : “En dépit de toute cette connaissance des Écritures, une transformation s’est-elle opérée en lui ? Non. Au lieu de développer daivatva, des qualités divines, il développa danatva, des qualités démoniaques. Les dix têtes de Râvana symbolisent les quatre Vedas et les six shâstrasRâma coupa les dix têtes de Râvana parce qu’il n’avait pas mis en pratique la connaissance qu’il avait acquise.”Aujourd’hui, dans son désir ardent d’acquérir le pouvoir, la position et la richesse, l’homme perd sa qualité humaine. Il souhaite acquérir la connaissance de toute chose dans le monde, excepté sa propre connaissance. Comme le dit Bhagavân : “Aujourd’hui, l’homme parcourt des milliers de miles dans l’espace, mais n’avance même pas d’un pouce dans son cœur.” C’est pourquoi il perd la connaissance du Principe divin inné, source en lui de paix, de bonheur, d’amour et de compassion. C’est la cause principale de l’agitation de l’homme, de tous les conflits, discussions et violences qui règnent dans le monde. C’est quand il reconnaît sa Réalité profonde que l’homme peut réaliser l’unité fondamentale du genre humain. Alors qu’il ne se connaît pas lui-même, comment  peut-il connaître Dieu et atteindre son but : la réalisation du Soi ?

L’anniversaire de Bhagavân nous fournit l’opportunité de prendre la résolution de mettre au moins un ou deux enseignements de Bhagavân en pratique dans notre vie. “Aimez tout, servez tout.” – “Aidez toujours, ne blessez jamais”, et de nous efforcer de gagner la grâce de Bhagavân.

Puisse Bhagavân nous bénir pour atteindre le but de notre vie en cette naissance même.

L’éditeur du Sanathana Sarathi
                                                                                                   Novembre 2006