
VARIA
Easwaramma’s Women’s Welfare Project
Journée des membres le 5 mars 2006
J’ai le grand
plaisir de vous présenter aujourd’hui une petite conférence d’introduction
sur le « Easwaramma’s Women’s Welfare project » - « Programme
Socioculturel Eashwaramma pour les femmes ». Easwaramma est
C’est à Puttaparthi que j’ai eu connaissance de ce programme qui m’a fortement impressionnée et même très émue. Ce projet offre aux femmes et aux enfants vivant dans des villages isolés en Inde, la possibilité de sortir de leur condition misérable.
Pendant mon séjour à l’ashram, le 25 novembre 2005, soit quelques jours après l’anniversaire de Baba, je fus invitée, en tant que Coordinatrice Nationale d’un pays occidental, à participer à une réunion d’information sur le projet EWWP conduit par une nièce de Baba (la fille de son frère Chetana Raju). Cette réunion d’information s’adressait à une vingtaine de coordinatrices féminines du monde entier. Les bureaux du EWWP se situent au premier étage du bâtiment de la cantine Nord.
Un peu d’histoire pour commencer. Ce projet fut inauguré par Baba lors de la “Journée des femmes” (Lady’s day), le 19 novembre 2004. Ce jour-là, une perspective d’espoir était offerte aux femmes pauvres des villages environnants de l’Etat d’Andrah Pradesh, ainsi qu’à tous ceux et celles qui avaient le désir d’améliorer l’état précaire de ces femmes. La philosophie du projet consiste à se focaliser sur les besoins de ces femmes, à leur assurer une sécurité financière en les aidant à développer certaines de leurs aptitudes et à les stimuler à découvrir leurs talents dans divers domaines du service humanitaire.
Il faut signaler qu’il est beaucoup plus difficile d’offrir une solution à long terme que d’alléger la pauvreté de manière temporaire. Tout comme une plante doit développer des racines avant de porter des fruits, de même un examen préalable et approfondi des besoins des femmes était nécessaire pour réussir.
Le pas suivant fut donc de fonder le Trust EWWP sans but lucratif. Ce Trust fut béni par Baba trois mois plus tard, le 18 février 2005. Ceci permit aux personnes engagées dans ce service de préparer l’expansion et le financement du projet, de l’organiser et de le structurer. Une recherche approfondie fut menée qui prenait en compte tous les aspects culturels des villages environnants, l’infrastructure sociale, les systèmes de valeurs et de croyances, la vie actuelle des villageois, y compris leur statut économique.
Bon nombre de questions furent soulevées : « Quels sont les besoins les plus urgents de cette frange de la population ? Dans quelle mesure ces femmes sont-elles prêtes à accepter de modifier leur façon de vivre ? Les membres de leur famille sont-ils prêts à les soutenir dans ces changements ? » Pour y répondre, un groupe pilote de quelques personnes mena une investigation, cherchant à savoir si les personnes concernées par le projet étaient assez souples pour y adhérer.
Comment
devons-nous nous représenter ces villages ? Il s’agit le plus souvent
d’un groupe d’une quinzaine de petites maisons au toit de chaume, d’accès
difficile car aucune route n’y mène. Dans ces villages, un chef de tribu fait
office de responsable pour toutes les décisions qui doivent être prises. Les
femmes n’ont pas droit à la parole, même pour ce qui a trait à la vie
quotidienne. Tout étant décidé pour elles, elles ont l’habitude d’être
soumises. Et c’est le cœur rempli de compassion et de compréhension que le
groupe pilote visita ces villages, ayant bien présentes à l’esprit les
paroles de Swami : “L’amour ne peut venir que du cœur et ne peut
être imposé.”
On accorde une grande attention à la situation financière des habitants. Seules les femmes qui ont un revenu mensuel moyen de 300 à 600 roupies (6 à 12 euros) sont prises en considération pour être aidées et protégées par le projet.
Pour saisir l’importance du projet, il faut connaître les conditions de vie dure de ces femmes et comprendre de quelle manière elles vivent. Les jeunes filles se marient très jeunes (juste après la puberté). De ce fait, leur vie se focalise uniquement sur le mari, les enfants et la belle famille. Le moindre aspect de leur vie pauvre est axé sur le fait d’apporter secours et réconfort à leur famille, se sacrifiant au détriment d’elles-mêmes. Cette qualité leur donne le droit d’être encore plus aimées. Mais que se passe-t-il si ces femmes qui ont consacré tout leur temps et toute leur énergie à leur famille en viennent à être maltraitées, abusées et négligées ? Dans ces villages, il n’est pas rare d’être témoin de la violence exercée par des maris ivres sur leur femme qu’ils n’hésitent pas à jeter à la rue s’ils veulent en prendre une autre. Il y a aussi l’histoire bouleversante de ces jeunes veuves qui ont perdu leur mari, et par là le gagne-pain de la famille, et qui ne savent où aller. Quel avenir ont ces femmes et quel avenir ont leurs enfants ? C’est pourquoi le projet EWWP envisage d’offrir à ces femmes une nouvelle vie qui leur permettra de retrouver honneur et dignité - ce qui aura non seulement un impact sur elles, mais également sur leur environnement et sur les générations à venir.
Le Trust a érigé un petit bâtiment à Prasanthi Nilayam officiellement inauguré par Bhagavân le 19 juillet 2005. Ce bâtiment (un ancien shed - grand hall qui sert de dortoir) se trouve derrière les bâtiments Nord 3 et 4. Une cuisine équipée y est installée qui sert à préparer la nourriture fraîche pour l’ashram. Là, une cuisinière qualifiée apprend aux femmes qui sont protégées par le EWWP à préparer des repas de qualité et à respecter des règles d‘hygiène très strictes. Cette nourriture fraîche porte le logo « EWWP » et est vendue dans des étals à divers endroits de l’ashram. Les femmes apprennent à porter un tablier et un filet sur les cheveux – ce dont elles n’ont pas l’habitude dans ces régions. Pour le moment, les produits sont vendus uniquement dans l’ashram et dans les Instituts de Baba, mais on projette d’en étendre la vente. Les produits que l’on trouve actuellement sont des pickles, toutes sortes de snacks, des épices en poudre etc.
Dans le même bâtiment, un petit atelier est installé où des dames en saris cousent des vêtements pour hommes, femmes et enfants. D’autres y font de la poterie et autres types d’art traditionnels.
Chaque personne qui participe au projet est testée sur ses compétences et encouragée à s’évaluer elle-même afin qu’elle puisse prendre conscience de ce qu’elle veut réaliser. L’enseignement est donné par une personne qualifiée. A partir du moment où la personne qui participe au projet est compétente pour accomplir une tâche spécifique, on lui apprend à organiser elle-même ce genre d’apprentissage dans son village. Les femmes sont ainsi stimulées à prendre des décisions par et pour elles-mêmes. On leur apprend comment s’organiser, comment gérer le temps et l’argent, de manière à ce qu’elles puissent se suffire à elles-mêmes, trouver la force de devenir autonomes et ainsi être à même d’assumer les difficultés de la vie sans se décourager. En leur apprenant à s’aider elles-mêmes, ces femmes développent des aptitudes qui pourront leur procurer des revenus tout au long de leur vie.
En Inde, ce projet offre une multitude de possibilités. Son potentiel de croissance et d’expansion est immense. De plus, il peut servir d’exemple aux femmes du monde entier qui se trouvent dans une situation semblable. Ce projet pilote, démarré dans une région de l’Etat où réside Bhagavân, sera adopté par d’autres. Certains l’ont d’ailleurs déjà adopté et tous les participants l’appliquent dans un esprit d’engagement et de service.
Nombreuses sont les femmes qui participent au projet à Puttaparthi. N’ayant aucun moyen de transport elles viennent à pieds à Prashanthi Nilayam. Certaines ont trouvé à se loger à Puttaparthi. Ces femmes ne se plaignent jamais, car elles ont déjà tellement souffert. Elles arrivent le matin et se dirigent immédiatement vers l’autel décoré de fleurs pour y allumer la lampe qui représente la lumière de l’espoir, ce que Bhagavân Srî Sathya Sai Baba est devenu pour elles. Swami répond à leur amour, Il les bénit de Ses mains et Ses yeux jettent sur elles des regards de consolation qui valent des milliers de mots. Dans de tels moments, on sait que tout ceci est l’œuvre de Dieu.
En guise d’illustration, je vais vous raconter l’histoire vécue par une de ces femmes employée dans la cuisine du EWWP. Son nom est Ganga Devi. Elle vient d’une famille extrêmement pauvre vivant dans un village proche de Puttaparthi. Elle n’a que 25 ans mais a déjà connu sa part de misère et de tristesse. Son père souffrait d’une maladie incurable qui l’obligeait à garder le lit. De ce fait, sa mère dut se débrouiller pour nourrir la famille. Elle quittait la maison pour dénicher par-ci par-là un petit travail qui assurerait la subsistance des siens, tandis que les filles soignaient leur père et leur petit frère à la maison. A l’âge de 12 ans, Ganga Devi fut mariée à un homme qui n’exigeait aucune dot - ce qui est inhabituel - mais la famille y vit là une grâce divine. Le couple accomplissait des petits travaux à droite et à gauche pour nouer les deux bouts. Ils menaient une vie très dure et le mari de Ganga se mit à boire pour échapper au poids du quotidien. Son alcoolisme devint si grave qu’il en mourut, la laissant seule avec deux petits enfants. Désespérée, Ganga n’avait plus la volonté de vivre et était prête à se suicider. Ses parents la supplièrent de se battre et lui promirent de la soutenir du mieux qu’ils pourraient.
Il y a quelques années, la maman de Ganga Devi se vit offrir un travail comme nettoyeuse dans l’ashram et c’est ainsi qu’elle et sa famille en vinrent à connaître Swami et Ses enseignements. Ils vénérèrent Swami comme leur Dieu et Lui adressèrent leurs prières.
Quand
on construisit la nouvelle résidence de Swami, on offrit à Ganga Devi d’y
travailler. Et c’est là que sa vie s’est transformée. Un jour que Swami
quittait sa résidence dans le complexe du Pournachandra pour aller sur le
chantier, il distribua des saris à toutes les femmes et du tissu à tous les
hommes. C’est à l’occasion de cette distribution que Swami s’adressa à
Ganga Devi : “Ne te fais pas de soucis. Swami veillera toujours sur
toi. Sois toujours heureuse, Je veillerai à tout.”
Peu de temps après, on offrit à Ganga Devi de travailler dans le EWWP. Actuellement, elle s’emploie très activement dans la cuisine, toujours avide d’apprendre de nouvelles techniques. Sa vie a pris un nouveau tournant et la volonté de vivre lui est revenue.
Ganga Devi dit : “Je suis heureuse à présent, et mes parents et mes enfants aussi sont heureux ; j’aime mon travail et j’aime les personnes qui travaillent ici. Swami veille sur nous et prend soin de tout, à tout instant.”
Ceci est l’histoire d’une de ces femmes, mais toutes ont une histoire déchirante.
Cependant, il n’y a pas que les femmes, les enfants de ces femmes reçoivent aussi toute l’attention qui leur est due. Sous les auspices du EWWT, le sous-projet “Mother and Child” a vu le jour et fut inauguré le 19 juillet 2005. Son objectif est d’offrir les soins prénatals et postnatals aux femmes des villages proches de Puttaparthi.
A ce propos, voici une citation de Swami :
“Enseignez aux femmes des villages les principes de base qui assurent une bonne santé à l’enfant et les soins à donner… Quand la santé fait défaut, les gens se découragent et se désespèrent. La santé assure la vitalité de l’esprit et du corps.”
Extrait
de “Divine Gems For Women.”
Pour que ce projet initié par Bhagavân puisse fonctionner, Baba fit don d’une ambulance complètement équipée qui permet aux médecins de visiter et de soigner les femmes enceintes. Cela peut nous étonner, mais dans ces villages ce sont en général des sages-femmes qui pratiquent les accouchements. Le problème est que ces sages-femmes ne sont plus très jeunes et emploient toujours les méthodes utilisées depuis des générations. Ces techniques, basées sur des connaissances très anciennes ne sont plus acceptables dans notre société moderne polluée. La stérilisation est une notion qui leur est inconnue et à l’accouchement elles utilisent des couteaux de cuisine non stérilisés, ce qui amènent pas mal de complications. Comme antiseptique, elles répartissent du fumier de vache sur les différentes parties du corps des femmes en train d’accoucher, ce qui amènent des cas de tétanos. Les médecins ont aussi constaté que ces sages-femmes n’ont aucun moyen de diagnostiquer si la naissance se passera normalement ou non.
Baba a initié ce projet pour que les soins médicaux et l’hygiène pénètrent et soient pratiqués dans ces régions défavorisées où la mortalité des femmes et des enfants est très élevée.
Le projet “Mother and Child” initié par Bhagavân comporte cinq éléments de base.
1. Activités préliminaires : avant la venue du médecin, toutes les données sont rassemblées par le groupe-pilote et ensuite le plan d’action est établi.
2. Un dialogue interactif est organisé avec les responsables des villages (en général des aînés) afin de gagner leur confiance et leur donner toutes les informations au sujet des actions proposées dans le village. Dans les régions isolées, la médecine moderne suscite encore beaucoup d’antipathie et de suspicion et seule une information éducative peut faire changer les choses. Dans cette réunion informelle, on encourage les villageois à exprimer leurs points de vue, leurs soucis et leurs doutes.
3. Les examens pratiqués sur les femmes concernent le dépistage et les traitements de certaines maladies, le sida inclus. Un problème fréquent est le manque de bonnes habitudes nutritives qui fait que ces femmes ont un taux très bas d’hémoglobine qui se situe en-dessous des normes mondiales établies. Les médecins s’étonnent et trouvent miraculeux que, malgré tout, bon nombre de femmes et de bébés survivent.
4. L’information est donnée aux différents
stades de la grossesse, sur base de graphiques, diagrammes et photos. Un
accompagnement est organisé en ce qui concerne la nutrition et les habitudes de
vie saine. Des volontaires organisent des démonstrations ou enseignent une méthode
pratique pour préparer la “Sai Protéine” qui non seulement est bon
marché, mais procure les protéines nécessaires. Les médecins eux-mêmes
servent cette nourriture aux futures mères et leur donnent un sari, des suppléments
alimentaires et un coffret contenant les petites choses nécessaires à la mère
et au bébé, telles que tablettes de fer et vitamines C. Les volontaires sont
souvent émus jusqu’aux larmes et perçoivent que
5.iiIMais aucune aide médicale ne serait complète si elle n’était accompagnée d’un enseignement spirituel. Les projets initiés par Bhagavân ont toujours pour objectif d’introduire la spiritualité dans les groupes concernés. Les volontaires montrent des films qui ont une base spirituelle, ils chantent des bhajans et conseillent aux futures mamans de faire Namasmarana et de répéter le nom de leur Divinité préférée en accord avec la citation de Swami :
“Accomplis tes devoirs quotidiens avec le Nom du Seigneur sur les lèvres ; cette répétition permanente est le meilleur antidote contre toutes les maladies.”
Qu’est-ce qui fait que ce projet diffère de tant d’autres ? La réponse est évidente. C’est le suivi régulier assuré tout au long de l’année par l’équipe de médecins venus de toute l’Inde.
Le groupe de volontaires auquel participent des médecins, des infirmières et des sevâdals visitent tous les villages chaque mois. Les données concernant toutes les mères et leurs enfants sont enregistrées sur ordinateurs et contrôlées régulièrement, de sorte que leur état de santé peut être contrôlé à tout moment.
Ayant eu connaissance de ce projet, la question fut soulevée de savoir comment le EWWP obtenait les fonds nécessaires. Le EWWP opère de façon indépendante ; il résulte du Central Trust mais n’en dépend pas. Il a un compte séparé sur lequel des dons peuvent être faits. Pour récolter des fonds, une revue intitulée “Mother Sathya Sai” paraît deux fois par an. Swami a donné sa bénédiction pour cette revue le 19 novembre 2005, à l’occasion du Lady’s day, ‘journée des femmes’. Il a béni l’exemplaire de la revue qui concerne l’inauguration. Vous pouvez consulter cet exemplaire que j’ai reçu si vous le souhaitez. Cette revue sera consacrée à l’élévation spirituelle, morale et sociale de la femme dans le monde entier. On espère recevoir, de tous ceux que cela intéresse, des articles consacrés à des femmes exceptionnelles du monde entier. Dans peu de temps vous pourrez visiter le site de l’EWWP : www.ewwt.org.in
Dans
le premier Sanathana Sarathi de cette année, vous trouverez un formulaire
d’inscription qui vous permettra de recevoir cette revue si vous le souhaitez.
La souscription se fait pour deux ans et un abonnement coûte 250 roupies par
an. Vous pouvez vous inscrire dans les bureaux du Trust
EWWT situés au-dessus de
Les actes de compassion et de bonté de Swami sont multiples, Il en a donné un de plus le 19 novembre 2005, lors de la journée consacrée aux femmes en offrant au Trust EWWT une clinique ambulante. On peut y pratiquer toutes sortes d’examens – des radiographies et même des soins chirurgicaux. Ce jour du 19 novembre, un grand bus aux fenêtres teintées se trouvait garé au milieu du temple devant le mandir, entre le côté des hommes et celui des femmes. Nous avons tout d’abord pensé que ce bus était destiné aux étudiants de l’université, mais l’explication nous fut donnée plus tard : ce bus était en réalité une clinique ambulante.
Après les hôpitaux, les universités et le projet d’eau potable, cette clinique ambulante est un projet de plus que Baba offre au monde et en premier lieu aux femmes et aux enfants défavorisés en Inde. Nous pouvons ainsi imaginer un monde où les droits des femmes seraient égaux dans n’importe quel domaine de leur vie, tandis qu’un moyen leur serait offert de se maintenir en vie et d’être autonomes et indépendantes. Ceci nous fait rêver à la réalisation d’un monde meilleur, cela nous fait languir après la venue du Siècle d’Or, une page unique dans l’histoire mondiale écrite par Dieu Lui-même sous la forme de Sathya Sai Baba.
Je voudrais terminer en citant Baba :
“Si une vague de service humanitaire
se répand sur un pays et entraîne tout le monde dans l’enthousiasme, elle
sera capable de détruire tous les murs de haine, de méchanceté et de cupidité
qui dévastent et détruisent le monde.”
Baba
Sanathana
Sarathi, mars 1995, p.82
Conférence
présentée par la Présidente Nationale de l’OSSB.