
SWAMI ET MOI
LA SOURCE, LA DOUCEUR ET LA SUBSISTANCE DE MA VIE – MON SAI
par le Dr. Narendranath Reddy
Le Dr. Narendranath Reddy, endocrinologue interne en exercice en Californie et assistant du Professeur de Médecine Clinique à la ‘Keck School of Medicine’, Université de la Californie du Sud, est le Président de la Commission Médicale Internationale de l’Organisation Sri Sathya Sai et aussi membre du ‘Prasanthi Council’, qui supervise les activités des ‘Sri Sathya Sai Seva Organisations’ dans le monde entier.
Premier darshan divin
J’eus mon premier darshan de Swami à Puttaparthi quand j’avais environ cinq ans. Mes parents m’avaient amené chez Bhagavân à l’occasion des célébrations de Dasara en 1950. Toutefois mon père, qui était un disciple ardent de Sri Ramakrishna, n’était pas attiré par Swami, pensant qu’Il était un homme de miracles. Sri Ramakrishna avertissait du danger des miracles qui, disait-il, sont des obstacles pour les chercheurs spirituels. Malheureusement, nous appliquions à l’Avatar la restriction qui était prévue pour les aspirants spirituels. Car les miracles sont l’expression naturelle de l’amour divin d’un Avatar. Parce que nous n’avions pas la foi, le kumkuma, donné comme prasâd, disparut sur notre chemin de retour. Mon père s’étonnait que l’on porte Swami en procession sur un palanquin, comme une déité dans un temple. Que les dévots marchent dans la procession à reculons, tournés vers Baba, alors que la pratique courante veut que les gens marchent devant, le dos tourné vers la déité, l’étonnait encore plus. Lui et les autres membres de la famille apprirent plus tard que les dévots se tournaient vers Baba afin d’observer ses changements de physionomie (qui laissait voir p.ex. Râma, Krishna, Durga, Lakshmî ou Sarasvatî) et aussi pour attraper les bonbons et médaillons matérialisés qu’Il jetait de temps en temps.
Plus tard, en 1970, nous avons entendu le discours de Baba à Hyderabad. Nous avons admiré Son discours comme étant celui d’un homme saint, sans pour autant Le reconnaître comme étant un Avatar. C’est seulement après que nous nous soyons rendus aux Etats-Unis, en 1977, que Swami nous attira vers Lui par l’intermédiaire du Centre Sri Sathya Sai Baba à Hollywood. En mai 1981, après la mise à la retraite de mon père, mes parents vinrent vivre avec nous aux Etats-Unis comme immigrants, et nous avons tous fréquenté le Centre Sathya Sai à Hollywood de façon régulière. Très vite, toute la famille fut attirée par les enseignements uniques et universels de Swami.
Mon père développa le désir intense de rentrer en Inde afin de rester dans la présence de l’Avatar et d’accomplir le service dans Son ashram. En conséquence, mes parents partirent pour l’Inde en juillet 1983 et arrivèrent à Prasanthi Nilayam le 15 juillet. Bhagavân Baba répondit gracieusement au désir de mon père de faire du service dans Son ashram en lui offrant une nomination à l’Université Sri Sathya Sai et en le désignant comme membre du ‘Sathya Sai Central Office’ et du ‘Sri Sathya Sai Books and Publications Trust’.
« Ceci est le moment juste pour toi. »
Après que mes parents se soient établis à Prasanthi Nilayam, ma famille et moi avons visité l’ashram régulièrement. Lors de ma première interview avec Swami en 1984, je Lui ai demandé pourquoi Il m’avait fait attendre toutes ces années, bien que j’aie vénéré Shirdi Sai depuis mon enfance et eu mon premier darshan de Parthi Sai en 1950. Aussitôt vint la réponse de Swami : « Mon enfant, toute chose a son moment juste et ce moment-ci est le moment juste pour toi. Par exemple, quand nous avons une cataracte, le médecin l’opère seulement quand elle est mûre, autrement l’œil subirait un dommage. De même, quand on enlève la croûte d’une blessure avant quelle ne soit complètement guérie, du sang s’écoule ; mais quand la blessure guérit naturellement, la croûte tombe d’elle-même. Quand le fruit d’un arbre est mûr, il tombe et est très sucré ; mais si on le cueille avant qu’il soit mûr, le fruit est gaspillé parce qu’il n’est pas sucré. Ainsi, le temps doit être juste pour toute chose. Et ce moment-ci est le moment juste pour toi. »
Depuis lors « l’histoire d’amour » divine continua avec toujours plus de visites à Swami et d’interactions avec Swami. Ce qui nous attirait principalement vers les pieds de lotus de Bhagavân, c’était Son message unique et universel de vérité et d’amour, qui va droit au cœur. Depuis mon enfance, l’étude des écritures m’a toujours intéressé. Mais seul Swami m’a fait comprendre très clairement ce qu’est la spiritualité. Avant de Le connaître c’était pour moi une sorte de gymnastique intellectuelle plutôt qu’une expérience pratique.
Le Divin veut une famille de médecins.
Swami est le maître du temps – du passé, du présent et du futur, et nous devons écouter minutieusement chaque syllabe et chaque lettre qu’Il prononce, parce qu’Il mélange le passé, le présent et le futur, ce qui nous confond parfois. Quand lors d’une de mes premières visites je voulus partir, je dis comme d’habitude : « Swami, je pars ». Il dit : « aller et venir, aller et venir ». Je comprends à présent, après mes visites fréquentes à l’ashram ces derniers temps, ce qu’Il voulait dire à ce moment-là. Un jour, Swami appela notre famille pour l’interview. Il nous présenta à un autre groupe disant que nous étions tous des médecins. À ce moment-là, ma femme et moi étions les seuls médecins, mais Swami avait inclus comme médecins mes deux filles qui n’étaient même pas des adolescentes. Les paroles de Swami s’avèrent toujours justes et mes deux filles sont à présent des médecins en exercice, mariées à des médecins.
Bénédictions pour le mariage de ma fille
Swami a comblé notre famille de grâces en plusieurs occasions, mais nous ne pourrons jamais oublier l’occasion spéciale pour laquelle nous Lui sommes redevables à jamais. Ce fut Swami qui célébra les noces de notre première fille en juin 1995 à Brindavan, Whitefield. Swami décida de l’endroit et de la date du mariage et nous guida pendant tout le parcours. Avant de quitter Prasanthi Nilayam, alors que je demandais à Swami quand je devais venir, Il dit : « le 9 juin », qui était le lendemain du mariage. Imperturbable, je dis : « Je viendrai le 9 juin si tel est Ton commandement divin. » Swami rit et me dit de venir trois jours avant le mariage.
En conséquence, ma femme et moi arrivâmes trois jours avant le mariage à Brindavan. Des amis comme Col. Jogarao plaisantèrent : « Ah ! Les invités principaux arrivent. » Ils plaisantaient, mais c’était la vérité, car Swami était l’organisateur principal, Il s’occupait de tout, comme du menu, de la fanfare militaire, de l’accommodation des hôtes et des dispositions dans la salle de mariage. Swami se souciait personnellement de chaque menu détail, y compris du choix de la nappe sur la table, de la tenue des serveurs, de la question s’ils devaient porter des gants et de la manière de traiter convenablement les invités. Un jour, Il me réprimanda parce que je n’avais pas rendu visite à la compagnie du futur marié qui logeait dans la maison destinée aux invités de Swami. C’est que, quand je suis avec Swami, j’oublie tout le reste.
Même avant le mariage, alors que j’étais avec Lui dans Sa voiture, Swami discutait chaque petit détail des dispositions prises pour le mariage. Le jour du mariage, Swami s’assit dans la salle pendant toute la cérémonie, nous guidant à chaque étape. Il expliqua la signification du mariage hindou aux gens assis près de Lui. Il fut très aimable. Il matérialisa le mangalasûtra (la chaîne de mariage sacrée), monta sur le podium pour bénir les jeunes mariés et leur famille, et posa devant les photographes.
Après le mariage, quand ce fut le moment de faire les arrangements pour le repas, Swami vint personnellement donner des indications sur les mets à servir, et innonda les invités d’amour et de bénédictions. Il nous combla tous de cadeaux sous forme de vêtements et de bijouteries, mais le plus grand cadeau fut Son amour maternel. Quand ma fille avait dix ans, Il avait promis qu’il organiserait la procession de mariage avec une fanfare militaire. Il tint sa promesse en organisant une fanfare militaire magnifique pendant les noces. Il prit également part au nârâyanasevâ qui suivit immédiatement le mariage en servant la nourriture et en donnant des vêtements à quelques personnes qui eurent la chance de les recevoir de Ses mains divines avant que nous tous suivions Son exemple.
Mon gendre, pour qui Swami était quelqu’un de nouveau, ne réalisait pas ce qu’il recevait et se comportait naïvement. Mais Swami, le grand maître divin, le mit très à l’aise et l’attira lentement à Lui par Son amour divin, doux et pur. Après le mariage, une réception eut lieu à Hyderabad. Je n’avais pas envie d’y aller. Mais Swami me persuada d’y aller et fit même des arrangements pour que notre famille soit accueillie à l’aéroport de Hyderabad et qu’on nous fasse visiter le temple ‘Shivam’ de Swami ainsi que le fameux Kalyâna Mantapam à Hyderabad. Quand Sa grâce se déverse, c’est une averse torrentielle. Différents membres de la famille qui souffraient de diverses affections physiques furent guéris par Swami. Je voudrais partager ici quelques-unes de ces guérisons divines.
Swami sauve des membres de notre famille.
Pendant son adolescence, ma seconde fille, une obstétricienne en exercice et gynécologiste, développa une forte fièvre avec intoxication après son retour aux Etats-Unis d’un pèlerinage à Puttaparthi. Nous avons consulté un spécialiste en maladies infectieuses, lequel diagnostiqua provisoirement une typhoïde ; en attendant le résultat des cultures sanguines le spécialiste administra des piqûres d’antibiotiques par voie intraveineuse. Entre-temps mes deux filles se mirent à prier Swami, car cette maladie est lourde d’implication aux Etats-Unis. S’il s’agissait de la typhoïde, ma fille ne serait pas admise à l’école pendant plusieurs mois et toute la famille subirait des examens pour savoir s’il y avait contamination. À notre agréable surprise, alors que mes filles terminaient leurs prières, nous reçûmes un coup de téléphone du laboratoire signalant que les cultures sanguines étaient négatives quant à toute croissance bactérienne. À notre visite suivante, Swami confirma qu’Il avait guéri la grave maladie de ma fille. Son amour nous a tous émus jusqu’aux larmes.
En 1996, mon père souffrit d’un mal de dos aigu et grave qui l’immobilisa fortement. Il avait septante-cinq ans. Désespérée, ma mère me fit venir afin de les aider dans cette situation critique. Je suis immédiatement parti de Los Angeles et suis arrivé à Bangalore, où l’on avait amené mon père en ambulance de Puttaparthi. On fit l’IRM de la colonne vertébrale, qui montra deux immenses diverticules qui coinçaient les nerfs, causant une douleur atroce. Nous consultâmes un chirurgien orthopédiste à Bangalore, un radiologue neurologiste et un neurochirurgien aux États-Unis. Ils recommandèrent tous une intervention chirurgicale immédiate afin de soulager la pression sur les nerfs. Ayant demandé l’avis de Swami, Il me conseilla d’annuler l’intervention chirurgicale et procura le meilleur médicament qui soit : la vibhûti matérialisée par Ses mains divines, qu’il fallait frotter à l’endroit de la douleur. Inutile de dire que la douleur diminua remarquablement, et jusqu’à ce jour, mon père est capable de fonctionner sans aucun déficit neurologique. Par contraste, à la même époque, en 1996, j’avais dans ma clientèle une patiente de quarante-six ans qui avait un problème identique. Elle subit un traitement neurochirurgical aux Etats-Unis et devint plus tard une invalide incurable ; elle dut quitter son travail. Ceci montre que notre aimable Seigneur est meilleur que les meilleurs neurochirurgiens.
En février 2000, une crise majeure de santé survint quand mon père fut atteint d’attaques convulsives ; nous dûmes appeler une ambulance pour un traitement médical d’urgence. Il n’avait plus aucune réaction et fut emmené sans délai au service d’urgence le plus proche. Il y reçut un traitement intensif, car le neurologue craignait qu’il soit question d’une tumeur cérébrale. Le diagnostic final fut une encéphalopathie causée par un manque d’équilibre électrolytique, c’est-à-dire une hyponatrémie grave. Par la grâce et la bénédiction de Bhagavân, et à notre agréable surprise, tout ceci fut corrigé par l’administration de certains liquides par voie intraveineuse et moins de 24 heures plus tard, mon père rentrait chez lui. Tandis que les ambulanciers s’occupaient de mon père, ma mère courut à la chapelle, où elle appela avec frénésie et à voix haute l’aide de Swami. À notre visite suivante, Swami nous raconta comment ma mère s’était accrochée à Ses pieds, implorant Son aide. Ceci montre encore une fois Son omniprésence et Sa réponse immédiate et pleine d’amour aux prières des dévots.
En 1985, je fus impliqué dans un accident de voiture en Californie, États-Unis : un grand camion heurta ma voiture. Celle-ci fut sérieusement endommagée, mais je ne fus même pas légèrement blessé. Quand je vis Swami à Prasanthi Nilayam, Il raconta les détails de l’accident et comment Il m’avait sauvé du danger. De plus, Il me fit remarquer que je m’étais souvenu de Lui seulement après l’accident, mais pas au moment de la collision. Le Seigneur est plein de compassion ! Il se souvient de nous et nous protège tout le temps, bien que nous L’oubliions de temps en temps.
Leçons personnelles de Swami
Un jour, j’ai demandé à Swami si, la vie étant un rêve, Lui aussi faisait partie de ce rêve. Sur-le-champ la réponse du Seigneur de Vérité vint disant que Lui se trouve dans les quatre états : veille, rêve, état sans rêve et turiya (état transcendantal). De plus, Il révéla qu’Il est le brahman suprême, sans attributs et sans forme, toute chose, partout, à jamais. Pour la grâce et l’amour dont Swami nous comble, je me disais que nous n’accomplissions pas suffisamment de service pour le Seigneur. À mon humble manière, j’ai exprimé à notre cher Seigneur Sai mon désir de faire du service en traduisant en anglais Ses discours sur la vie de Shirdi Sai prononcés en telugu. Cependant, Sai Shiva me réprimanda gracieusement, me révélant que le vrai service est de découvrir : « Qui suis-je ? ». J’alléguai la difficulté de ce chemin, due aux vâsanâs (désirs, tendances, ambitions, impressions dans le subconscient) de plusieurs vies qui forment des obstacles sur le chemin. Bhagavân m’encouragea gentiment disant que l’on peut se défaire en un instant de l’obscurité qui règne dans une grotte depuis des milliers d’années en allumant une lampe. Ainsi, par Sa grâce et notre désir sincère, la lumière de la sagesse naît en nous.
Avant de venir chez Swami ma déité de choix était Shirdi Sai. C’est pourquoi, quand j’ai rencontré Swami la première fois je Lui ai dit que lorsque je vénère Dieu j’offre toujours en premier lieu des fleurs à Shirdi Sai et ensuite à Sathya Sai. Dans Sa magnanimité, Swami m’a dit que faire cela est bien, car tous les noms et toutes les formes sont Lui. Il me dit qu’en fait je pourrais mettre des fleurs sur ma propre tête, vu que moi aussi je suis divin. En une autre occasion, alors que je me trouvais avec Lui dans Sa voiture, Swami me transmit un message similaire. Beaucoup de dévots jettent des fleurs sur la voiture de Swami. Alors qu’une dame occidentale, en état de grande faiblesse, s’efforçait de jeter une fleur sur la voiture de Swami, la fleur retomba sur elle, n’atteignant pas la voiture. Swami me regardant dit : « Vois la pauvre dame. Elle voulait vénérer Swami avec une fleur, mais celle-ci est retombée sur elle ; sans le savoir elle a fait la chose correcte, car elle-même est divine. »
Pendant notre première visite à Prasanthi Nilayam ma femme fut sérieusement malade ; elle souffrait de dysenterie et ne put venir aux darshans pendant trois jours. Mon idée était de l’emmener à Bangalore pour y être hospitalisée, mais par la grâce de Bhagavân elle se rétablit et le quatrième jour elle put revenir au darshan, où elle s’était assise sur une chaise avec les personnes handicapées. Ce jour-là, alors que j’étais assis sur le sable dans la ligne du darshan, Swami vint vers moi et me dit : « Ta femme est venue ». J’ai seulement réalisé qu’elle était venue au darshan au moment où je suis rentré dans ma chambre. Je m’étonnais, comment Swami avait-Il pu la reconnaître parmi les milliers de dévots ? Il le dit : Dieu sait tout mais fait comme s’Il ne savait rien, alors que l’homme ne sait rien mais fait comme s’il savait tout. Un jour que nous étions dans la pièce d’interview avec beaucoup d’autres dévots, l’un d’eux tenta de présenter un jeune garçon comme étant le fils de son frère, lui-même un dévot. Avant même qu’il puisse le présenter, Swami dit qu’il connaissait tout le monde, confirmant par là l’affirmation précitée.
Lors de ma première interview, j’ai présenté un livre à Swami pour qu’Il le bénisse de Sa signature ; juste à ce moment-là les lampes s’éteignirent, il n’y avait plus d’électricité. Au moment où je me demandais comment Il pouvait voir et signer Swami, me regardant droit dans les yeux, dit : « Dans le noir, même à distance, je peux voir une petite fourmi ramper. » À l’époque, je portais des lunettes et Swami me montrait que même sans lunettes il voyait mieux que moi. Je dis : « Swami, Ta puissance divine en est la cause ». Mais Swami me corrigea, disant qu’Il n’utilise pas Sa puissance divine pour de telles choses personnelles, mais que Sa manière disciplinée de vivre et de manger en est la cause. Il dit que moi aussi je pourrais en être capable si je menais une vie aussi disciplinée que Lui.
Permettez-moi de vous raconter comment Bhagavân révéla spontanément Sa divinité au cours d’une conversation ordinaire. Un jour, nous fîmes part à Swami de notre souci quant à la petite quantité de nourriture qu’Il prend et qui ne peut soutenir un être humain. Nous Le priâmes d’augmenter Sa consommation de calories. Mon père fit remarquer qu’à l’instar des yogis, Swami pouvait peut-être retirer de l’énergie directement des cinq éléments. La réplique divine fut spontanée, affirmant que ce sont les cinq éléments qui dépendent de Lui pour leur subsistance !
La Vérité, de la bouche du Seigneur de la Vérité
Quand j’étais à Brindavan, Whitefield, Swami m’appelait toujours en même temps que feu M. V.K. Narasimhan, rédacteur en chef de la revue Sanathana Sarathi. En maintes occasions Il nous parla de sujets spirituels. Un jour Swami nous entretint de l’advaita (non dualité) le plus élevé. Il dit que tout est un rêve et que les expériences que nous vivons pendant la journée sont des rêves de jour, à l’instar des rêves que nous avons la nuit. Après notre entrevue, V.K. Narasimhan - qui est un vaishnava strict et un disciple de Râmânuja (lequel promulguait une sorte de non dualisme modéré, trad.) - exprima avec force que la philosophie advaita de Shankara avait ruiné l’Inde. Il dit : « Qui s’intéressera à Dieu si toutes les fleurs ont la même couleur, s’il n’y a pas toute une variété de fleurs ; et qui s’intéressera à regarder l’écran vide si de belles images ne sont pas projetées sur l’écran ? » Je l’ai écouté sans mot dire, bien que n’étant pas d’accord avec ses opinions.
Le lendemain Swami nous appela de nouveau tous les deux et je Lui ai innocemment raconté la discussion que nous avions eue la veille au soir ; je voulais que Swami me dise la vérité. Swami répondit clairement : « Je vous expose la vérité absolue que seule l’expérience de l’unité est réelle et que toute autre chose est une illusion, comme le rêve. Ne te laisse pas influencer par l’opinion de V.K. Narasimhan, qui s’applique à lui, mais qui n’est pas la Vérité la plus élevée. » En une autre occasion, je me suis trouvé avec Swami dans sa maison au Poornachandra durant une session au cours de laquelle Swami me combla d’amour. Je me suis exclamé : « Swami, fais que ce lien d’amour demeure à jamais. J’aimerais renaître au temps de Ton prochain Avènement afin de T’aimer et de Te servir. » Swami dit : « Cela n’est pas correct ; ton but devrait être de vivre ta dernière vie ici et maintenant. Tu ne devrais pas souhaiter une nouvelle naissance. Comment peux-tu être sûr que tu seras près de Swami dans ta prochaine vie comme tu l’es maintenant ? » Je dis également à Swami : « Fais que cette relation d’amour soit permanente et ne change jamais ». Swami dit : « Pourquoi un tel doute ? Je suis un aimant puissant et j’attire toujours l’aiguille et le métal s’ils sont purs. Si le métal n’est pas attiré, la rouille et la poussière qui le recouvrent en sont la cause. Garde-toi pur, et ta relation sera la même à jamais ».
« Swami », dis-je, « permets-moi d’atteindre prâpti (épanouissement) de cette manière ». Il dit : « Si Je le veux, Je peux créer prâpti ; Je peux agrandir le récipient de sorte qu’il puisse recevoir plus de grâces. Cela signifie que la grâce divine peut transcender toutes les lois spirituelles ».
M’étant une autre fois trouvé avec Swami dans Sa voiture, Il me dit : « Emi samacharam ? (Quelle nouvelle ?) Dis quelque chose ! », alors je dis : « Swami, accorde-moi la faveur de me souvenir toujours de Ta divinité et de ne jamais être trompé par Ta mâyâ qui ensorcelle le monde ». Swami dit : « Crois-tu que tu es plus grand que les sages Vasishtha, Vishvâmitra et Jamadagni ? Eux aussi furent trompés par la mâyâ du Seigneur. Sois toujours attentif. »
Miracles à Kodai
En 1994 Swami nous invita, ma femme et moi, à être ses hôtes à Kodaikanal. Durant cette période nous vécûmes beaucoup d’expériences magnifiques, y compris un pique-nique avec Swami. Un jour, Swami alla chez un dévot, cueillit deux prunes d’un bougainvillier et les donna à manger à deux de Ses étudiants. Je sentis grandir en moi le désir de les avoir. Grâce aux bons soins de Swami nous avons passé la nuit dans une maison et quand nous nous sommes réveillés le lendemain matin, deux prunes se trouvaient sur la table de nuit près du lit. Ma femme et moi les avons partagées, nous régalant de ces délicieuses prunes. Nous avons ensuite cherché à savoir qui pouvait les avoir laissées là, mais personne ne put rien nous dire. J’ai alors réalisé de quelle manière Swami remplit les petits souhaits de Ses enfants, même s’ils ne le demandent pas. Swami me donna la chance de partager cet événement à Trayee Brindavan avec les étudiants après notre retour de Kodaikanal.
Durant ce séjour, Swami me donna par deux fois la chance de chanter pour Lui. À Kodaikanal il faisait froid le matin et je portais un pull. Swami montrant mon pull du doigt me fit remarquer que Lui ne portait que Sa robe, sans pull. Depuis ce jour-là je n’ai plus porté de pull, Swami m’ayant appris à surmonter les paires d’opposés comme le chaud et le froid. Quand nous allions pique-niquer avec Swami, une grande caravane L’accompagnait. Quand je descendis, je portais des chaussures de sport que Swami désigna du doigt. Comprenant l’allusion, j’ai immédiatement enlevé mes chaussures. La conséquence fut que je ne suis pas tombé sur le sol rendu glissant par les douces branches de pins qui le recouvraient. Quelques-uns des étudiants qui portaient des chaussures tombèrent sur ce sol glissant. Le fait d’avoir fait suite à l’allusion de Swami m’évita une chute. Durant ce séjour, Swami me donna cinq fois la chance de parler devant Lui et Il raconta que, malgré le fait que j’habitais aux États-Unis, j’étais bon en sanskrit ; il dit aussi que j’avais appris la dévotion de ma mère.
Mais pendant mon dernier exposé Swami m’interrompit soudainement avec une remarque sévère alors que je citais une shloka ‘bhaja Govindam’ concernant le fait que l’homme gaspille son énergie pendant son enfance en jouant avec des jouets, et pendant son adolescence avec des plaisirs sensuels. Swami trouvait qu’il n’était pas convenable de dire de telles choses devant des étudiants. Cependant feu M. Sampath, vice-recteur de l’Université de Swami, me soutint en disant qu’il s’agissait d’un écrit d’Adi Shankara. Mais Swami ne fut pas d’accord. J’ai compris alors que Swami tentait d’écraser l’ego qui s’élevait en moi parce que tout le monde, y compris Swami, louait mes exposés. Ainsi, Swami est une machine à écraser l’ego, car pour les chercheurs spirituels l’ego est le plus grand des obstacles.
Combien nous sommes bénis et avons de la chance d’avoir ce Seigneur magnifique, doux et plein d’amour pour nous protéger et nous guider ! Mettons à profit cette unique chance de L’adorer, de Le vénérer, de mettre Ses enseignements en pratique et de nous fondre en Lui, qui est notre Source.
Source : Heart2Heart
Vol. 5, Issue 6, June 2007